2 juin 2017   |    

De l’art de la communication en politique

Justin Trudeau et Emmanuel Macron nous ont offert un beau moment de complicité lors du sommet G7 en Sicile. Les fleurs, la mer turquoise en arrière-plan, le soleil éclatant : tout un cadre bucolique et harmonieux.  

Crédits photos : Stéphane de Sakutin / AFP

Les points communs entre les deux hommes sont vite trouvés : ils sont jeunes, ils sont libéraux, ils sont progressistes. Ils souhaitent incarner le changement. « L’amitié franco-canadienne a un nouveau visage », la politique aussi, selon les dires d’Emmanuel Macron sur Twitter.

La rencontre a été diffusée en instantané sur les réseaux sociaux, terrain où les hommes politiques peuvent se mettre en scène et toucher un jeune public. Cela donne une illusion de présence, cela touche à l’imaginaire collectif. Les deux hommes politiques connaissent le poids du symbolique et du signifiant.

Justin Trudeau s’affiche régulièrement sur les réseaux sociaux, en compagnie de sa femme et de ses enfants, comme l’avait déjà fait auparavant Barack Obama, as du storytelling. Décontracté, dynamique, souriant, il se donne l’allure d’un homme proche du peuple, d’un « Mister cool » rassurant. Justin Trudeau met au cœur de son programme les problématiques économiques, sociales et environnementales, et il  ne manque pas de l’illustrer sur Instagram. Clichés avec des réfugiés syriens, avec des enfants canadiens et même avec un panda.

Crédits Photos : Justin Trudeau

Quant à Emmanuel Macron, ses faits et gestes ne sont pas choisis au hasard. Premier discours présidentiel au Louvre, lieu chargé d’émotion, poignée de main virile avec Trump, visite de Vladimir Poutine à Versailles, lieu de la grandeur royale par excellence, tout est calculé. Il utilise les mythes français, comme le fait également Vladimir Poutine avec l’imaginaire russe. Il diffuse régulièrement des clichés véhiculant ses exploits d’ex-officier du KGB. La photo où il chevauche un étalon sauvage en Sibérie a fait le tour du monde.

L’art du storytelling est donc rentré dans les mœurs des politiques. Une nouvelle tendance que pourrait suivre les chefs d’entreprise ?