7 mai 2013   |    

Et si la bonne stratégie, c’était le vinyle

Décidément, le marché est quelques fois blagueur et peut déjouer les prévisions des plus grands experts.

Le CD grande star des années 90 a perdu son statut au profit du MP3 et de la dématérialisation dans les années 2000. Le support physique musical était destiné à disparaître.

On ne va pas rappeler les guerres sans merci entre majors du disque et les nombreuses plateformes de téléchargements mais elles ont fait des ravages de part et d’autres. Majors licenciant à tour de bras, concentration du marché, arrestation et procès des grands noms du P2P, etc. Une histoire digne des plus grands polars.
Idem entre la grande distribution et la distribution spécialisée (FNAC, Virgin et les petits disquaires). Plus de Virgin, un rayon disque à la FNAC moribond et des disquaires qui ont quasi disparu.
Idem entre les grosses machines US du type Live Nation et les tourneurs indépendants.
Bref.
Et un jour, un signe, un minuscule signe. Un disquaire aux US un jour s’est trompé et a acheté un stock de vinyles de REM… qui se sont envolés comme des petits pains. Tournant ou pas… On ne le sait pas encore mais le marché du Vinyle redécolle et est en croissance ininterrompue depuis 5 ans.
Les disquaires se réimplantent et redeviennent « fréquentables ». De nouveaux labels apparaissent. Les gros certes génèrent encore beaucoup de cash mais les petits de la valeur… et de la fidélité. Il suffit de voir le succès planétaire du label ed banger et de sa pérennité.
Le modèle exclusivement digital se ré équilibre au profit de la proximité et un marketing intelligent revoit le jour.
Proximité, service, conseil, réhumanisation. L’industrie du disque se cherche encore mais un nouveau modèle semble apparaître. Une logique de gamme. Du bas de gamme et du volume avec le MP3 et ITunes. Du haut de gamme et de la valeur avec le support physique et le disquaire.
On peut se demander si cette tendance n’est pas à mettre en parallèle avec la (très relative certes) désaffection remarquée des internautes pour Facebook. Trop de technologies, trop de complexité, trop d’éloignement entre la marque et son public.

Est-ce le signe d’une évolution ? Les analystes en tout cas suivent de très près les courbes d’audience du réseau social qui est condamné à innover.
En l’état, les marques continuent d’investir le numérique. L’internet des objets explose. Dernière innovation grand public, les couches qui disposent de capteurs d’humidité relié au smartphone qui alertent en cas de fuite.

Bon. Et après. On peut penser que s’il n’y a pas la connivence avec l’auditoire, cette innovation sera bonne à mettre au placard dans peu de temps. La connivence, voici ce que des marques comme Volkswagen ou Coca Cola maîtrisent à merveille. Dernier exemple en date, Coca Cola avec sa petite trouvaille. Cacher un ascenseur par un escalier pour lutter contre l’obésité. Les gens jouent le jeu et ça les amuse. Coca multiplie ce type d’opérations démultipliant le capital sympathie de la marque
Apple devrait aussi s’en rappeler. Ça a été aussi la clé de son succès. Certains disquaires en tous cas s’en sont souvenus…